Encourager une conduite intelligente en soutenant l’innovation des véhicules

Autonomiser les conducteurs

Les efforts pour aider les conducteurs à faire les meilleurs choix possible de véhicule et de mode de conduite font partie de la démarche actuelle pour rendre les déplacements plus économiques et écologiques. L’Association canadienne des carburants commandite plusieurs initiatives visant à inviter les Canadiens à adopter une conduite plus sécuritaire, plus écologique et plus économique.

Tina Reilly est une journaliste d’Ottawa et la présidente de Lightning Media Inc.

Les 27 conducteurs de l’Écorandonnée 2016 de l’AJAC arrivent au Marion Dewar Plaza, à Ottawa, pour la cérémonie de clôture de l’événement.

Écorandonnée 2016

Une meilleure conduite pour plus d’économies

Au début du mois de juin, 27 membres de l’Association des journalistes automobile du Canada (AJAC) ont quitté Evergreen Brick Works, à Toronto, pour remplir leur mission : deux jours d’essais routiers de plusieurs nouveaux véhicules en consommant le moins de carburant possible.

L’Écorandonnée de l’AJAC est un événement annuel pendant lequel les journalistes évaluent les nouveaux véhicules écologiques. Si cela peut sembler plutôt banal pour des journalistes automobiles, ce ne l’est pas, car l’Écorandonnée y ajoute du piquant. Le journaliste qui conduit le plus efficacement gagne le convoité Maillot vert commandité par l’Association canadienne des carburants.

Les consommateurs y trouvent leur compte en lisant les articles publiés par l’Écorandonnée, qui vont bien au-delà des considérations de rendement et d’esthétisme des évaluations typiques des journalistes automobiles. Les articles donnent un aperçu des résultats que les conducteurs peuvent obtenir dans la « vraie vie » en matière d’économie de carburant.

« Les voitures écologiques ne sont pas qu’une tendance, mais une partie importante de notre avenir, et l’Écorandonnée est un moyen de plus d’aider les consommateurs à comprendre leurs choix dans le domaine de l’auto­mobile », explique David Miller, le président de l’AJAC et le principal organisateur de l’événement. Il est d’ailleurs d’avis que l’adhésion croissante aux propulsions alternatives – ainsi que l’augmentation de l’investissement dans les nouvelles infrastructures de ravitaillement (comme les bornes électriques) – illustre l’importance de fournir aux Canadiens des analyses exhaustives de la technologie et de la performance des nouveaux véhicules.
 

Une vaste sélection de véhicules à l’essai

La totalité des 27 berlines, voitures à hayon, véhicules multisegments, VUS et camionnettes présentes à l’Écorandonnée étaient écologiques d’une façon ou d’une autre. Certains véhicules, comme la nouvelle Porsche 911 Carrera, étaient de nouveaux modèles à essence extrêmement efficients. On y retrouvait également des modèles 100 % électriques, des hybrides conventionnels et véhicules au diesel. La Toyota Mirai était même propulsée à l’hydrogène.

L’Écorandonnée 2016 a commencé à Toronto, pour ensuite traverser Oshawa, Cobourg, Belleville, Kingston et Brockville, avant d’arriver à Ottawa, la destination finale. Les six étapes du parcours – certaines sur l’autoroute, d’autres en ville ou sur des routes rurales – ont permis de tester l’efficience des voitures et des conducteurs dans différents contextes. L’Écorandonnée a utilisé les données de bord sur l’économie de carburant de chaque véhicule pour calculer le résultat total des participants.

Harry Pegg, un journaliste aguerri du Winnipeg Free Press, en était à sa quatrième participation à l’Écorandonnée. « Je participe parce que la technologie m’intéresse. On a accès à plusieurs véhicules en peu de temps, ce qui est inhabituel et intéressant pour les gens comme nous, qui sont obsédés par la performance des véhicules. » Il souligne également que les conducteurs de l’Écorandonnée s’intéressent principalement au groupe motopropulseur. « Est-il économique? À quel point un conducteur peut-il pousser l’économie de carburant? »

Il dit que sa voiture préférée fut la Mazda MA5, une voiture sport, mais que la Toyota Mirai, une berline propulsée uniquement à l’hydrogène, est la technologie la plus intéressante et probablement la plus prometteuse. « Bon nombre d’entre nous (journalistes) considèrent l’hydrogène comme l’avenir de l’automobile, car il offre une excellente autonomie. »

Si l’événement est une vitrine extraordinaire pour le rôle majeur que la technologie automobile peut jouer en obtenant des résultats impression­nants en matière d’économie de carburant, l’Écorandonnée est également l’occasion de souligner à quel point l’économie de carburant dépend du conducteur. Tous les participants ont bien performé par rapport aux normes de Ressources naturelles Canada (RNCan) en matière d’économie de carburant, l’étalon que l’Écorandonnée utilise pour évaluer leurs performances, souligne David Miller. En moyenne, les conducteurs ont dépassé les normes de RNCan de 32 %. « Cet événement démontre qu’une conduite efficiente peut faire une grande différence sur la durée de votre plein de carburant. »

Résultats des véhicules testés lors de l’Écorandonnée

L’Écorandonnée 2016 comptait 27 véhicules fournis par 15 constructeurs automobiles : Chevrolet, Fiat, Ford, Honda, Hyundai, Kia, Lexus, Mazda, Mercedes-Benz, Nissan, Porsche, Smart, Subaru, Toyota et Volvo. On y retrouvait différents types de groupes motopropulseurs : électriques, hybrides rechargeables, hybrides conventionnels, à essence, au diesel et à hydrogène.

Le véhicule le plus efficient, à l’exclusion des voitures électriques, est la Toyota Prius, avec 3,2 litres aux 100 km. Deux véhicules se sont battus pour le dernier rang : la Porsche 911 et la Mazda CX 9, avec 7,8 litres aux 100 km. Étonnamment, avec une bonne conduite, les deux véhicules ont dépassé la norme de RNCan de 2,3 litres aux 100 km.

Et le Maillot vert va, encore une fois, à Jim Kenzie!

Jim Kenzie, qui a couvert l’Écorandonnée 2016 pour Motoring TV et le Toronto Star, fut le conducteur le plus efficient de l’événement. Il a dépassé les normes de RNCan en matière de rendement du carburant de plus de 57 %.

« Les normes de RNCan sont jugées difficiles à atteindre, souligne Jim Kenzie. Mais tous les conducteurs de l’Écorandonnée les ont atteintes aisément, ce qui montre à quel point soigner sa conduite peu faire la différence. »


Peter Boag, le président de l’Association canadienne des carburants (à droite) présente le Maillot vert de l’AJAC à Jim Kenzie, gagnant de l’Écorandonnée 2016.

 

Il ajoute que l’accélération et la traînée aérodynamique sont les principaux problèmes en ce qui concerne le rendement du carburant. « Les conducteurs ont beaucoup de contrôle sur leur accélération, c’est donc la clé pour réduire leur consommation de carburant. Il s’agit simplement de rester sur notre élan. »

Il a obtenu ses meilleurs résultats avec la Chevy Volt, qu’il a conduite principalement sur l’autoroute. Il dit qu’il a parcouru un bon 35 kilomètres avant que le moteur se mette à consommer du carburant, à raison d’environ 2,8 litres aux 100 km. Mais le résultat qui l’a le plus surpris est la Porsche 911 Carrera, une voiture sport avec un moteur biturbo de 370 chevaux-vapeur qu’il a réussi à conduire en consommant seulement 6,1 litres aux 100 km.

C’est le deuxième Maillot vert de Jim Kenzie en trois ans. Il est d’ailleurs le seul conducteur à avoir reçu deux fois ce prix. Nous lui avons demandé de nous partager ses secrets.

1. Accélérer doucement
Ne cherchez pas à accélérer subitement. En accélérant doucement, on consomme moins de carburant. (RNCan recommande de prendre 5 secondes pour accélérer à 20 km/h après un arrêt.)

2. Décélérer au lieu de freiner
Chaque fois qu’on freine, on perd de son erre d’aller. Regardez bien à l’avant et commencez à décélérer longtemps avant d’avoir besoin de freiner.

3. Éviter de faire de la vitesse
Les véhicules sont au summum de leur efficacité énergétique entre 50 et 80 km/h. La traînée aérodynamique augmente par le carré de la vitesse. Donc, plus on dépasse ces vitesses, plus on consomme de carburant au kilomètre.

4. Garder un œil sur le trafic
Anticiper les accélérations et les ralentissements vous aidera à avoir une conduite moins abrupte. Conduire doucement réduit la consommation.

5. Ne pas utiliser l’air conditionné
Si vous en êtes capables, endurez la chaleur. Pendant l’Écorandonnée, Jim Kenzie a fait un petit test : il a démarré la climatisation de sa voiture pendant un certain temps. Résultat : la consommation de carburant a augmenté d’environ 1 litre aux 100 km.

 

Faire le plein intelligemment

Le plein intelligent est une nouvelle campagne visant à rappeler aux Canadiens de faire attention à leur conduite. Cette initiative de l’Association canadienne des carburants, de la Canadian Independent Petroleum Marketers Association (CIPMA) et de l’Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA) donne aux conducteurs des trucs pour réduire leur consommation de carburant.

« Nous voulons faire partie de la solution et réduire les émissions imputables aux carburants, explique Tricia Anderson, présidente de la CIPMA. Nous aidons les Canadiens à apprendre comment avoir un meilleur rendement énergétique et économiser de l’argent. »

Les partenaires du Plein intelligent ont rencontré plusieurs municipalités de la Colombie-Britannique et de l’Ontario pour discuter de la possibilité de distribuer une trousse contenant des conseils sur la conduite et d’autres outils promotionnels dans les stations-service. On y trouve notamment des autocollants à installer dans la vitrine des détaillants et un document à distribuer aux clients (conseils pour une conduite futée. North Vancouver a adopté les messages du Plein intelligent pour leur nouveau règlement qui exige que les détaillants affichent des étiquettes à la pompe encourageant le public à faire des choix qui réduiront leur impact sur l’environnement.

Alex Scholten, l’ancien président de l’ACDA, explique que Le plein intelligent a aussi rencontré la Fédération canadienne des municipalités (FCM), qui a accepté de promouvoir les outils de la campagne lors de ses grandes réunions. Pendant ce temps, les détaillants membres de l’ACDA de partout au Canada ont reçu le matériel de la campagne ainsi que de l’information sur l’importance de parler d’efficacité énergétique.


 

Un Fitbit pour les voitures?

Le Défi Smart Drive collecte des données pour accroître l’efficacité énergétique

On se sert des données et de la technologie de façon novatrice pour aider les conducteurs à réduire leur consommation de carburant et leurs émissions de gaz à effet de serre en conduisant mieux et moins. En 2016, le Défi Smart Drive, dirigé par Scout Environmental et commandité par l’Association canadienne des carburants, a mené un projet pilote faisant appel à la technologie et à la collecte de données pour aider les gens à conduire de façon plus efficace.

Le Défi Smart Drive a recruté 550 conducteurs de différents groupes d’âge dans le but de les motiver à réduire leur consommation de carburant et leurs émissions de 15 %. Le lancement du défi a eu lieu en juin, pendant l’Écorandonnée (voir page précédente), un événement pendant lequel des journalistes font des essais routiers sur des véhicules écologiques et cherchent à obtenir le titre de conducteur au meilleur rendement énergétique.

« Nous avons créé le Défi Smart Drive pour encourager les gens à conduire moins et plus efficacement, explique Ian Morton, président-directeur général de Scout Environmental, qui a travaillé à la création et à la mise en œuvre du projet avec Ressources naturelles Canada, le ministère des Transports de l’Ontario, le gouvernement de la Colombie-Britannique, la Ville de Vancouver et d’autres partenaires. Aujourd’hui, on utilise des données pour calculer nos calories, nos pas, les clics et les j’aime; or on en fait trop peu pour contrôler notre consommation de carburant. »
 

Collecte de données et rétroaction

Le Défi Smart Drive collecte des données à l’aide d’un dispositif de télémétrie développé à Waterloo, en Ontario. Les participants installent le dispositif dans leur véhicule pour étudier leurs comportements sur la route, leur consommation de carburant et leurs émissions. Le dispositif est de la taille des petites clés USB qu’on branche sur nos ordinateurs.

À leur inscription, le Défi Smart Drive donne aux participants l’accès à une page Web et les aide à établir des données de référence sur leurs comportements routiers, leur consommation de carburant et leurs émissions. Pendant trois semaines, le dispositif de télémétrie consigne des données sur la conduite qui permettront au Défi Smart Drive d’aider les conducteurs à améliorer leurs habitudes.

Les participants reçoivent notamment un courriel quotidien contenant une analyse de leur conduite automobile de la veille. Avez-vous accéléré rapidement et freiné brusquement? Ce sont deux mauvaises habitudes qu’il faut à tout prix éviter. Avez-vous moins utilisé votre voiture? Ou plus? Auriez-vous pu éviter de prendre votre voiture pour l’un de vos déplacements?

La page Web personnelle indique également le rang des participants par rapport aux autres, mais tous sont récompensés pour leurs efforts. Ils reçoivent une carte Visa prépayée de 50 $, voire plus s’ils dépassent l’objectif de réduction de 15 % de leurs émissions et de leur consommation de carburant.

« C’est un moyen super amusant de regrouper des gens autour d’un projet positif, souligne Ian Morton. Certaines personnes sont motivées par le volet environnemental du Défi, d’autres par la récompense de 50 $. Alors que d’autres sont motivées par les économies qu’elles pourront faire si elles réduisent leur consommation de carburant. »
 

Réduire la consommation à la source

Ian Morton insiste sur le fait que le Défi Smart Drive est beaucoup plus qu’un simple projet éducatif, puisqu’il consigne des données objectives sur les comportements de gens. Cela pourrait avoir une incidence majeure pour les compagnies d’assurance et les constructeurs automobiles, qui constateraient que si l’on motive adéquatement les conducteurs, ces derniers peuvent modifier leurs comportements de façon quantifiable.

« Les combustibles fossiles feront partie du paysage routier pour un bon moment encore, précise Ian Morton. Nous devons donc savoir ce que nous pouvons faire pour réduire notre consommation. » Il précise également que plus les véhicules seront économiques en essence et moins polluants, plus il deviendra important de surveiller et mesurer les changements de comportements de consommation.

« Les services publics travaillent depuis longtemps avec leurs clients pour les amener à réduire leur consommation. Le secteur du carburant doit faire de même. L’Association canadienne des carburants devrait être félicitée pour son leadership en la matière. »