Siège avec vue

Traverser le Canada a un impact extraordinaire sur tous les voyageurs, c’est probablement encore plus vrai chez les jeunes. Pour bien d’entre eux, c’est la première fois qu’ils prennent la pleine mesure de l’immensité de leur pays : les nombreux fuseaux horaires, les distances hallucinantes et l’incroyable diversité du territoire.

L’été dernier, nous avons demandé à une jeune Canadienne de nous donner ses impressions sur son voyage à travers le Canada. Fiona a voyagé d’Ottawa à Vancouver en autobus. C’était son premier voyage sur les routes canadiennes. Elle a commencé à écrire son journal sur Facebook en 2016. En voici quelques extraits.

Quand j’étais jeune, ma famille louait des chalets et des terrains de camping pour faire du plein air. J’en suis extrêmement reconnaissante, car cela m’a fait découvrir et aimer la nature; un héritage que je garderai pour le restant de mes jours. Prendre le bus pour traverser le Canada est bizarrement comparable. Je suis en bus, pas dans les bois, mais je découvre mon pays plus intimement que jamais. C’est une façon extraordinaire d’apprendre la géographie canadienne.

Mais ce que ce voyage m’a appris de plus précieux à ce jour est l’importance du transport. C’est d’ailleurs plus qu’évident quand on réalise à quel point le Canada est immense.

On ne peut tout simplement pas imaginer la fabuleuse diversité des paysages. Les voir en photo est une chose, les traverser en est une autre. C’est une expérience transformatrice. Tous les Canadiens devraient faire ce voyage, ne serait-ce que pour rencontrer d’autres Canadiens. Dans un pays aussi vaste que le nôtre, nous devons faire tout en notre pouvoir pour entrer en contact avec les autres. Tous les gens que j’ai rencontrés vivaient loin de chez nous, parfois à des milliers de kilomètres; or nous sommes tous Canadiens.

Quand j’étais jeune, ce n’était jamais moi qui décidais quand on partait en voyage. Je suivais le courant. Pour ce voyage, c’est moi qui suis en contrôle. Je suis responsable de la logistique de mon voyage, bien sûr, mais je sens également que suis maintenant responsable de ma vie et de mon avenir. On dirait que cela change ma relation avec mon pays et mon environnement, ou peut-être que cela me donne juste un éclairage différent sur ce que je suis. Je ne suis peut-être pas derrière le volant, mais je sais, à chaque arrêt et à chaque nouvelle ville, que j’y suis arrivée par moi-même.