Opinions

Mai 2016

Peter Boag 
Président-directeur général, Association canadienne des carburants

 

Un avenir plus faible en carbone – « On vous mène à destination. »

 

Comment pouvons-nous effectuer le virage vers un avenir moins pollué par le carbone (dans le secteur du transport)... pouvons-nous y parvenir?

Selon deux études réalisées récemment, les réductions radicales des émissions de GES posent des problèmes pour notre économie et particulièrement pour le transport. 

Deux rapports – Défis et opportunités pour le Canada: Transformations pour une réduction majeure des émissions de GES, de Projet Trottier pour l’avenir énergétiquement et A Long Hard Road: reducing GHG Emissions in Canada’s Road Transportation Sector by 2050 (en anglais seulement) publié par le Conference Board of Canada – proviennent de sources différentes, mais en viennent aux mêmes conclusions. 

Alors que le rapport Trottier examine la réduction de la consommation de carburants fossiles du point de vue économique, le rapport du Conference Board attire plutôt l'attention sur les défis pour le secteur du transport. 

Les deux rapports brossent un portrait optimiste en ce qui concerne les possibilités de progrès à court terme, mais font état de problèmes majeurs relativement à la réduction de 80 % des émissions d'ici 2050. En examinant les sources de réduction potentielles, les auteurs des deux rapports signalent un coût marginal important et ne cessant d’augmenter par tonne relativement aux coûts d'atténuation. 

Le rapport Trottier conclut que les sources de réduction radicale « ...sont complexes et impliquent d'importantes mesures de conservation d'énergie et d'efficacité énergétique, une restructuration majeure des infrastructures énergétiques, le déploiement de technologies prometteuses, mais pas encore disponibles à l'échelle commerciale, ainsi que des changements fondamentaux dans la manière dont les gens pensent et consomment l'énergie ». Les pistes de réduction sont assorties de coûts de réduction inconnus qui « excèdent habituellement 100 $ par tonne de CO2-équivalent dès les premières années pour atteindre plusieurs centaines de dollars par tonne (dollars canadiens de 2011) à plus long terme ». 

Concernant en particulier le transport routier, le Conference Board fait remarquer qu'il existe des options pour « réduire de façon significative les émissions causées par le transport routier au Canada ». Il note que de nombreuses options sont coûteuses et que « même si les coûts de réduction diminuent, la réduction des futures émissions pourrait fort bien atteindre une limite pratique ou économique » avant que l'on ait obtenu les réductions recherchées. 

Au-delà des coûts de réduction, la nécessité d'un changement sociétal pour réduire considérablement l'empreinte carbonique du Canada est un fil commun aux deux rapports. Le rapport Trottier récapitule en ces termes : « Le plus grand défi n'est cependant pas d'ordre technique ou même économique, mais davantage politique et social/culturel. La réalisation de réductions d'émissions ambitieuses aura un impact sur tous les Canadiens et implique nécessairement des changements dans les modes de vie. » Le Conference Board abonde dans ce sens en affirmant que « les Canadiens devront se plier à des ajustements importants et modifier leurs attitudes et leurs comportements. »

L'Association canadienne des carburants comprend qu'il ne sera pas facile « de se rendre à destination à partir de notre point de départ » et elle croit que ce sera certainement un marathon et non un sprint. Comme pour un marathon, la transition vers une économie faible en carbone et un système de transport faible en carbone exigera de la patience, de la persévérance et un engagement de la part de tous les Canadiens et Canadiennes. Nous savons que des carburants pétroliers fiables et qui s'améliorent continuellement auront un rôle durable au fur et à mesure que nous ferons la transition. Cela fait partie de la promesse associée à notre marque – « On vous mène à destination ».