Il n'y a pas deux raffineries canadiennes qui se ressemblent vraiment; voici en quoi elles sont différentes

oct. 27, 2016  
Dans notre blogue de la semaine dernière, nous avons vu comment les raffineries produisent telle ou telle marchandise selon leur emplacement géographique et le marché qu’elles desservent. Cette semaine, nous portons un regard plus approfondi sur les types de raffineries qui existent au Canada.

La plupart des raffineries au Canada ont autour de 50 ans. Toutefois, elles ont subi d’importantes transformations au fil des ans; elles ont été rénovées, agrandies et mises à niveau avec les nouvelles technologies. « Il n’existe pas deux raffineries identiques, mais il existe essentiellement deux types de raffineries », nous dit Gilles Morel, Directeur, carburants, de l’Association canadienne des carburants. 

Commençons par un élément de base : la raffinerie de distillation

La raffinerie de base la plus simple est la raffinerie de distillation. Elle distille le pétrole brut et le sépare en différentes composantes, comme l’essence, le diesel et le carburant aviation.

« Vous pouvez ajouter une certaine complexité, notamment par l'ajout d'une installation de lubrifiants pour la production d’huile à moteur, de lubrifiants et de certains produits de spécialité, d'unités de distillation sous vide ou d'installations d’extraction chimique », ajoute M. Morel. « Certaines raffineries possèdent aussi des usines d’asphalte, lorsque la demande est suffisante. »

Puis ajoutons un élément de complexité : les raffineries de haute conversion 

« Les raffineries plus complexes traitent une vaste gamme de pétroles bruts allant du brut léger au brut lourd et au brut corrosif. Ces pétroles bruts exigent des capacités de conversion beaucoup plus complexes, comme des hydrocraqueurs* et des cokeurs, pour convertir les parties lourdes des résidus de la distillation en produits de plus grande valeur comme l’essence, le diesel et le carburant aviation.

« On appelle ces installations des raffineries de haute conversion. Il y en a dans l’ouest et dans l’est du Canada. »

Les raffineries sont différentes en fonction du produit – et de la province

Les produits de raffinage les plus légers sont le propane et le butane et les produits les plus lourds à haute énergie qui sont utilisés dans le cadre d’applications industrielles pour le chauffage et la production d’énergie ou pour la production de carburant marin, lequel est principalement expédié sur les côtes est et ouest du pays.

De plus, certaines raffineries possèdent les installations nécessaires pour produire des matières premières chimiques. C’est le cas de la raffinerie de la région de Sarnia, en Ontario, où l’industrie de la fabrication de produits chimiques est florissante.

Dans l’ouest du pays, les raffineries ont accès au pétrole brut canadien. L’évolution de la qualité du brut a fait en sorte que les raffineries ont évolué pour s’adapter au traitement des bruts plus lourds, le bitume par exemple. 

« Le marché a aussi évolué avec le temps », nous dit M. Morel.  « Lorsqu’on regarde l’Alberta, par exemple, la prospérité et la croissance de la population au cours des 30 dernières années ont généré une plus grande demande pour l’essence, le diesel et le carburant aviation. Pour relever le défi de l’approvisionnement et répondre à cette demande accrue, les raffineries utilisent des procédés plus complexes pour optimiser chaque baril raffiné. »

Les raffineries du futur

Comment les raffineries du futur seront-elles différentes? Gilles Morel affirme que la réponse à cette question est vraiment difficile du fait que les raffineries changent constamment et améliorent leurs opérations.

« En fait, notre industrie ne peut pas se définir en noir et blanc. Il s’agit d’une industrie en constante évolution. Certaines raffineries ont 50 ans, mais elles ne ressemblent plus du tout à ce qu’elles étaient dans le passé.


« Vous devez adapter les raffineries en fonction de la demande des consommateurs et vous devez vous conformer aux nouveaux règlements, comme l’élimination du soufre dans l’essence et le disesel. Nous sommes d’ailleurs en train de réduire encore plus la quantité de soufre pour passer à moins de 10 parties par million à compter de 2017.

« Nous apportons constamment des améliorations à nos installations. Par le passé, nous exploitions nos installations avec des appareils mécaniques. De nos jours, ce sont des ordinateurs et des appareils électroniques qui font ce travail. »

« En outre, les raffineries d’aujourd’hui émettent beaucoup moins d’émissions, sont beaucoup plus sûres, plus fiables et exigent moins de main-d’œuvre. C’est la technologie et l’innovation qui mènent tout », affirme M. Morel.

Lorsqu’on est aux commandes d’une raffinerie, on a parfois l’impression d’être à bord d’un module lunaire », ajoute-t-il.
 

« À mesure que les sciences et la technologie évoluent, des innovations trouvent leur chemin jusqu’aux raffineries. Les raffineries de demain seront encore plus sophistiquées. »


L’une de ces raffineries du futur, c’est l’usine de Sturgeon, la première nouvelle raffinerie construite au Canada en 35 ans.

« Ce n’est pas une raffinerie de produits complets », explique M. Morel. « Elle produira du diesel et du diluant, un produit utilisé pour transporter le bitume des sites de production des sables bitumineux vers les marchés, notamment à partir de la raffinerie de Sturgeon.

« C’est vraiment un concept nouveau. »

Apprenez-en plus au sujet de la raffinerie de Sturgeon construite par North West Redwater Partnership dans un prochain blogue.

Nous avons mentionné quelques termes associés aux raffineries dans le présent article. Vous n’êtes pas certain de la signification de certains d’entre eux? Consultez notre Glossaire de termes courants et peu courants relatifs au raffinage.
 
*L’hydrocraquage est une méthode de décomposition des molécules de pétrole en molécules plus simples, comme l’essence ou le kérosène, par l’ajout d’hydrogène sous haute pression au processus.
Publications récentes
sept. 19, 2019
Shell s’est engagée à réduire l’intensité de ses émissions et s’efforce en continu d’améliorer l’efficacité énergétique de ses installations. En 2015, Shell et ses partenaires ont inauguré le projet Quest de captage et de stockage du carbone (CSC) en Alberta, une initiative qui vise à réduire les effets du réchauffement climatique. Plus tôt cette année, le projet Quest a franchi une étape importante, marquée par l’annonce du captage et du stockage sécuritaire de quatre millions de tonnes de CO2, en avance sur le calendrier et à un coût moindre que prévu.
 
Dans le présent article, nous allons traiter du projet Quest et d’autres projets de CSC de Shell qui ont pour but de faire appel à une combinaison de technologies en vue de capter et de stocker le dioxyde de carbone à de grandes profondeurs afin d’en prévenir le rejet dans l’atmosphère.
 
Lors d’une récente entrevue, nous nous sommes entretenus avec Stephen Velthuizen, conseiller en relations extérieures, pour obtenir des nouvelles de Quest et en apprendre plus à propos des autres initiatives de Shell.
août 29, 2019
Cet été, pour la quatrième année consécutive, l’Association canadienne des carburants était l'un des fiers sponsors de EcoRun de l'Association des journalistes automobile du Canada (AJAC), qui se déroulait pour la première fois en Alberta.

L'événement annuel - auquel 19 journalistes de l'AJAC étaient en compétition pour remporter le maillot vert attribué au pilote le plus efficace - a débuté à Edmonton et s'est achevé à Calgary, sur le terrain légendaire de Stampede. Il comportait des escales à Red Deer, Drumheller, Longview, Canmore et Banff.

Les Archives