L’unité de CSC Quest de Shell permet de stocker plus d’un million de tonnes de CO2 par année

Shell s’est engagée à réduire l’intensité de ses émissions et s’efforce en continu d’améliorer l’efficacité énergétique de ses installations. En 2015, Shell et ses partenaires ont inauguré le projet Quest de captage et de stockage du carbone (CSC) en Alberta, une initiative qui vise à réduire les effets du réchauffement climatique. Plus tôt cette année, le projet Quest a franchi une étape importante, marquée par l’annonce du captage et du stockage sécuritaire de quatre millions de tonnes de CO2, en avance sur le calendrier et à un coût moindre que prévu.
 
Dans le présent article, nous allons traiter du projet Quest et d’autres projets de CSC de Shell qui ont pour but de faire appel à une combinaison de technologies en vue de capter et de stocker le dioxyde de carbone à de grandes profondeurs afin d’en prévenir le rejet dans l’atmosphère.
 
Lors d’une récente entrevue, nous nous sommes entretenus avec Stephen Velthuizen, conseiller en relations extérieures, pour obtenir des nouvelles de Quest et en apprendre plus à propos des autres initiatives de Shell.
 
Q. : Shell a une longue tradition d’innovation et s’est engagée à faire sa part pour s’attaquer au changement climatique et découvrir des moyens d’assurer l’approvisionnement énergétique tout en réduisant le dioxyde de carbone. En tant que premier projet de CSC pour les sables pétrolifères au monde, Quest en est un excellent exemple. Le dernier article que nous avons consacré à cette initiative remonte à 2016… Qu’est-il arrivé depuis lors?

R. : Depuis le début des activités liées à Quest, il y a moins de quatre ans, l’installation a capté et stocké en sécurité plus de quatre millions de tonnes de CO2. Ce résultat a été atteint en avance sur le calendrier et à un coût moindre que prévu. Pour donner une idée de l’échelle, quatre millions de tonnes de CO2 est l’équivalent des émissions annuelles d’environ un million de voitures. Grâce à Quest, on a maintenant stocké sous terre plus de CO2 que toute autre installation de CSC terrestre au monde munie d’un site de stockage géologique.
Nous avions de grandes attentes à l’égard de Quest mais ce que nous avons constaté c’est que l’efficacité des procédés de captage et de stockage est supérieure aux prévisions. L’installation dépasse son objectif de captage d’un million de tonnes de CO2 par année et le réservoir de stockage (situé deux kilomètres sous la surface) démontre une incroyable capacité d’injection de CO2
 
Q. : Nous avons donné une explication générale de ce qu’est le procédé de captage et de stockage du carbone. Pourriez-vous nous donner plus de détails sur son fonctionnement? Quels sont les impacts environnementaux de la mise en œuvre du CSC?

R. : Quest permet de capter le CO2 à partir de trois unités de production d’hydrogène (UPH) situées dans l’installation de valorisation de Scotford. Le CO2 est un sous-produit du reformage du méthane à la vapeur (dans lequel on utilise du gaz naturel et de la vapeur pour produire de l’hydrogène pur). On utilise une amine exclusive à Shell pour absorber le CO2 depuis l’intérieur de l’UPH; le mélange amine/CO2 est ensuite acheminé vers l’unité de captage Quest, où s’effectue la séparation. L’amine est recyclée pour capter plus de CO2 et le CO2 est acheminé pour être déshydraté et comprimé. Une fois comprimé pour atteindre un état supercritique (ou état pseudo-liquide), le CO2 est acheminé à un pipeline de 65 kilomètres qui le dirige vers trois puits d’injection. Le CO2 est injecté deux kilomètres sous terre dans une couche de grès poreux appelée « sables du Cambrien basal ». Cette couche rocheuse a d’excellentes propriétés de perméabilité et de porosité, ce qui facilite l’injection du CO2. De nombreuses couches de « roche couverture » imperméable recouvrent les sables du Cambrien basal, ce qui assure que le CO2 demeure entreposé sous terre de manière sécuritaire et permanente.

Pour ce qui est de l’incidence environnementale, l’unité CSC Quest permet de stocker plus d’un million de tonnes de CO2 par année. On a ainsi réduit les émissions de CO2 de l’unité de valorisation de Scotford d’environ un tiers.

Q. : Shell croit que le procédé de captage et stockage du carbone jouera un rôle important dans le cadre de la prochaine transition énergétique. Que doit-on faire dans une raffinerie pour permettre la mise en œuvre du procédé CSC? 

R. : Il y a place pour le procédé CSC dans la plupart des raffineries (ainsi que dans de nombreuses autres installations industrielles). Il existe différentes technologies de captage, selon la source du CO2 (par exemple, précombustion ou postcombustion), mais le processus global est à peu près le même pour les différentes installations de CSC. Le plus grand défi ne se situe pas au niveau de la technologie (toutes les technologies de CSC ont été utilisées dans l’industrie depuis des décennies) mais plutôt à celui du coût.
Heureusement, les coûts sont en train de diminuer. Lorsque nous avons proposé Quest, nous estimions qu’il en coûterait 120 $ la tonne de CO2 stocké (y compris les dépenses d’étude de faisabilité, d’immobilisation et d’exploitation). Nous avons connu des frais d’exploitation considérablement réduits grâce à Quest et notre rendement réel démontre que les coûts d’ensemble s’approchent plutôt de 80 $ la tonne. Si l’on devait construire Quest de nouveau aujourd’hui, la construction coûterait 20 à 30 % de moins grâce à divers facteurs dont la réplication des connaissances techniques accessibles au public, la hausse de la productivité du capital et la diminution des coûts. Notre estimation du coût de construction d’une nouvelle installation de CSC basée sur le procédé Quest serait donc d’environ 60 $ la tonne.

Q. : Shell a une stratégie de viabilité intégrée; la compagnie croit que cela est essentiel pour la longévité de l’entreprise et son rôle en tant que membre de la société. Comment cela se reflète-t-il dans votre manière d’approcher l’innovation et les décisions d’affaires?

R. : Le monde doit agir de toute urgence pour s’attaquer au changement climatique. L’accord de Paris a fixé comme objectif de maintenir l’augmentation de la température mondiale bien au-dessous de 2° Celsius et Shell soutient pleinement cet objectif. Notre ambition est de nous assurer que l’énergie que nous vendons progresse de concert avec l’ensemble de la société en vue d’atteindre ce but.

Shell a l’intention de réduire l’intensité carbonique des produits énergétiques que nous vendons, en phase avec la société, afin de faire de l’objectif fixé par l’Accord de Paris une réalité. Cela implique la réduction des gaz à effet de serre émis en moyenne par chaque unité d’énergie que nous vendons d’environ 20 % d’ici 2035 et d’environ 50 % d’ici 2050.

Le monde a également besoin de plus d’énergie. Bien que des solutions énergétiques propres vont constituer un pourcentage sans cesse croissant du bouquet énergétique, nous aurons dans l’avenir besoin d’une énergie plus propre et plus abondante. Ceci étant, la production pétrolière et gazière continuera à jouer un rôle important dans le futur.

Shell a créé New Energies, une initiative axée sur le développement de nouveaux carburants et de nouvelles sources d’énergie. Nous sommes également conscients du rôle clé que joue l’innovation dans l’amélioration de l’intensité carbonique de l’aspect pétrolier et gazier de notre portefeuille.

Q. : Étant donné l’augmentation de la demande d’énergie et la croissance des pressions environnementales, quelle est la stratégie de Shell pour s’adapter et mettre à profit l’innovation en vue de découvrir des moyens de réduire les émissions de CO2?

R. : Shell étudie des opportunités de réduire les émissions de CO2 dues aux activités mondiales de raffinage. Il peut s’agir de la recherche de moyens plus efficaces d’assurer l’approvisionnement en chauffage, en électricité ou en vapeur, il pourrait être question de captage et de stockage du carbone ou même de la découverte de manières d’intégrer nos raffineries dans les efforts locaux de réduction des émissions de CO2 et de promouvoir les énergies renouvelables. La bonne approche pour la stratégie et l’innovation dépend de la réalité locale mais, à l’échelle mondiale, Shell est résolue à faire une réalité de notre désir de livrer aux consommateurs une énergie plus propre et plus abondante.
 
Pour en apprendre plus à propos de Shell et de la manière dont nous faisons appel à l’ingéniosité, à l’innovation et à la technologie pour assurer l’accès à une énergie plus propre et plus abondante, rendez-vous à l’adresse suivante : https://www.shell.com/energy-and-innovation.html.
 
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