Faits concernant les carburants

L’avenir des carburants de transport est le sujet d’un dialogue national dans lequel les Canadiens et vous avez votre mot à dire. Nous sommes heureux de vous présenter les réponses à cinq questions qui nous sont souvent posées à propos de notre industrie et des carburants que nous produisons.
 

5 questions courantes à propos de l’industrie des carburants au Canada

Q1. Pourquoi ne construisons-nous pas plus de raffineries pour transformer notre propre brut? 
Q2. Quelle est l’incidence environnementale des carburants pétroliers? À quel point sont-ils polluants?
Q3. Pourquoi ne pouvons-nous pas effectuer une transition plus rapide à des carburants de remplacement?
Q4. Pourquoi les stations-service connaissent-elles des pénuries d’essence à l’occasion?
Q5. Que se passe-t-il avec le prix de l’essence?

Q1. Pourquoi ne construisons-nous pas plus de raffineries pour transformer notre propre brut?

Le Canada a la chance de receler certaines des plus importantes réserves de pétrole brut au monde, y compris les sables pétrolifères et les ressources extracôtières. Il est logique de se demander pourquoi nous ne raffinons qu’une portion de ce brut et exportons le reste. Pourquoi ne pas raffiner toute la production? La réponse est compliquée, tout simplement que parce qu’on doit tenir compte d’un certain nombre de facteurs.

Au cours des 40 dernières années, certaines des anciennes raffineries canadiennes de petite taille ont fermé. D’autres ont été modernisées pour accroître les gains d’efficacité, augmenter la capacité de production et les rendre concurrentielles dans un marché de produit raffinés continental et mondial hautement compétitif. Le résultat en est que nous disposons actuellement d’une capacité de raffinage suffisante pour satisfaire nos besoins intérieurs et d’une marge de surplus pour l’exportation vers d’autres pays.

Qu’en est-il de la future demande? 

On s’attend à ce que, dans l’avenir, la demande de produits pétroliers au Canada et dans la plupart des pays de l’OCDE demeure stable ou connaisse un déclin. Plusieurs raisons expliquent cette situation : les véhicules affichent un meilleur rendement énergétique, les carburants de remplacement sont de plus en plus populaires, le profil démographique change et on assiste à l’émergence de politiques publiques visant à réduire les émissions de GES issues du transport. 

Ce changement du profil de la demande signifie que les raffineurs ayant des ambitions de croissance doivent rechercher de nouveaux débouchés à l’échelle internationale pour la commercialisation des carburants de transport : l’Inde, la Chine et le Moyen-Orient. Au même moment, ces marchés réagissent rapidement à une demande intérieure et régionale croissante en construisant leurs propres raffineries, dont certaines comptent parmi les plus grandes au monde. Les raffineurs canadiens auraient à faire preuve d’une extrême compétitivité pour pénétrer ces marchés. 


Taux-d-utilisation-des-raffineries.jpg
Source: U.S. EIA, International Energy Outlook, 2017

Pouvons-nous surmonter les obstacles? 

Peut-être. Les facteurs géographiques constituent un défi majeur. Nous sommes plus éloignés des nouveaux marchés que la plupart de nos concurrents, ce qui signifie que nous aurions à produire et à transporter les produits raffinés à moindre coût. Les charges d’alimentation – le brut dont dépend une raffinerie – sont en grande partie loin du littoral dans l’Ouest du Canada. 

Les installations de raffinage les plus efficaces et les plus profitables au monde sont situées près des côtes, dans le golfe du Mexique, par exemple. Des propositions sont actuellement à l’étude pour l’expédition de notre brut par pipeline vers la côte de l’Atlantique ou du Pacifique pour l’approvisionnement des raffineries ou pour l’exportation. 

Il existe des propositions de construction d’installations de raffinage modernes à haute efficacité sur la côte Ouest. Le coût s’élèverait à plus de 15 milliards de dollars pour chacune d’elles et la période de récupération de l’investissement serait de 25 à 30 ans. Quoiqu’on s’attende à ce que le pétrole demeure un carburant de transport clé pendant encore au moins quatre décennies, un investissement de 15 milliards de dollars s’accompagne de risques considérables, ce qui explique que les investisseurs, publics ou privés, ne se précipitent pas. Les investisseurs font confiance aux forces du marché pour dicter l’opportunité de la construction de nouvelles raffineries partout, y compris au Canada.

 

Refinery-cropped.jpg

Comment crée-t-on le maximum de valeur? 

Certains affirment que l’exportation du brut sans en faire le traitement pour le transformer en produits finis constitue un obstacle au rehaussement considérable de la valeur. Cela suppose que les dernières étapes du traitement créent de meilleurs termes d’échange. Cette hypothèse n’est toutefois pas confirmée par les statistiques. Au Canada, la valeur de l’extraction et des services qui la soutiennent dépasse de loin celle du raffinage. 

Le fait est que nous avons atteint un sain équilibre pour ce qui est du système de raffinage au Canada. Nous satisfaisons nos besoins et disposons de suffisamment de produit raffiné pour protéger notre approvisionnement et demeurer un exportateur net. 

Tout en étant fermement déterminés à satisfaire les besoins en carburants de transport du Canada, les membres de l’Association canadienne des carburants travaillent également année après année à écologiser leurs activités. Depuis 2000, nos membres ont investi près de 12 milliards de dollars dans l’amélioration du bilan environnemental de leurs raffineries et des carburants qu’elles produisent, dont 5 milliards en vue de réduire substantiellement la teneur en soufre de l’essence et du diesel.

Q2. Quelle est l’incidence environnementale des carburants pétroliers? À quel point sont-ils polluants?

Tous les carburants ont une incidence sur l’environnement. Aucun n’est parfaitement propre mais des carburants plus propres et un air plus pur sont des priorités de l’industrie du raffinage depuis de nombreuses années. Conséquence directe de cette politique, les Canadiens disposent maintenant de l’une des essences les plus propres de la planète pour faire le plein. 

L’évolution des compositions de carburant actuelles s’est faite grâce à un processus d’amélioration continue. C’est pourquoi ces carburants assurent maintenant un meilleur rendement des véhicules et un meilleur bilan environnemental, grâce à une réduction substantielle des émissions des véhicules. 

En l’absence de tout produit de remplacement des carburants pétroliers viable et capable de satisfaire les besoins de transport du Canada, les produits de substitution propres, aptes à remplacer l’essence et le diesel, sont des versions plus propres de ces deux produits. L’industrie du raffinage s’est mise à l’oeuvre :
• Nous avons éliminé la présence de plomb dans l’essence. 
• Nous avons réduit la teneur en benzène à moins de 1 pour cent par volume. 
• Nous avons réduit le niveau de soufre de 90 pour cent dans l’essence et de 97 pour cent dans le diesel. 

En conjonction avec les nouvelles technologies automobiles, l’essence à teneur réduite en soufre a permis de diminuer les émissions génératrices de smog d’un véhicule 2005 (ou plus récent) de 90 pour cent par rapport à un modèle 1993.

Quoi de neuf? 

De nouvelles normes réglementaires promulguées en 2017 vont réduire la teneur en soufre de l’essence de 70 pour cent additionnels. Ces nouvelles normes visant le carburant et les véhicules sont parmi les plus rigoureuses au monde et élimineront pratiquement toutes les émissions de polluants causant le smog des nouvelles voitures. Elles élimineront pratiquement les émissions de polluants à l’origine du smog des nouvelles voitures. De fait, les véhicules légers construits conformément à cette norme frôleront le point où l’on pourrait considérer les émissions de contaminants atmosphériques comme pratiquement négligeables.

Environnement et Changement climatique Canada prévoit que d’ici 2030, les émissions totales d’oxyde d’azote (NOX), du dioxyde de soufre (SO2) et de matière particulaire (MP) du parc routier canadien connaîtront des diminutions de 79 pour cent, de 69 pour cent et de 57 pour cent respectivement, par rapport à 2005.

 

On s’attend à ce que les nouvelles normes fassent une contribution d’environ 7,5 milliards de dollars en bénéfices cumulatifs pour la santé et l’environnement entre 2015 et 2030.
Car-design.jpg

Qu’en est-il des émissions de GES? 

Le transport est responsable d’environ 28 pour cent du total des émissions de GES du Canada, le transport routier en représentant la majeure partie (19 pour cent) et l’utilisation personnelle environ la moitié. L’intensité des émissions de carbone du secteur du transport connaît une diminution constante. La réglementation et l’innovation entraînent d’importantes améliorations de l’efficacité énergétique.

Pour parvenir à des réductions accrues de l’empreinte carbone des transports, nous devrons compter sur la croissance de l’innovation, de nouvelles technologies, de nouveaux investissements, ainsi que des changements dans les styles de vie et les comportements personnels – comme une importance accrue accordée à des réseaux de transport en commun haute densité à itinéraire fixe. Notre industrie s’est engagée envers la réduction du carbone dans le secteur du transport. En partenariat avec les gouvernements et d’autres industries, nous adoptons des mesures importantes dans des domaines clés, dont la promotion de techniques de conduite écologique aussi bien pour les véhicules de parcs que les personnels.

À propos de l’incidence environnementale des raffineries 

L’industrie canadienne du raffinage a fait de substantielles contributions au-delà de l’amélioration des propriétés et de la performance de ses carburants. Grâce à des mesures de gérance de l’environnement progressives – dont des investissements près de 12 miliards de dollars depuis 2000 – nos membres ont considérablement réduit les émissions aux raffineries. Par exemple, notre industrie a réduit les émissions de dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre, de 9 pour cent depuis 1990.

Q3. Pourquoi ne pouvons-nous pas effectuer une transition plus rapide à des carburants de remplacement?

En très grande majorité, les Canadiens choisissent le pétrole (essence et diesel) comme carburant de transport. Ces carburants satisfont 95 pour cent des besoins de transport du Canada. Les carburants pétroliers sont denses en énergie, ce qui signifie qu’ils stockent une grande quantité d’énergie dans un volume réduit. Cette densité fait qu’ils sont bien adaptés aux besoins en énergie mobile des voitures et camions. Les carburants pétroliers sont pratiques et fiables et satisfont un ensemble de plus en plus exigeant d’attentes pour ce qui est du rendement des moteurs et des véhicules et du bilan environnemental. Ils sont appuyés par une infrastructure de production et de distribution qui assure que les Canadiens aient accès aux carburants dont ils besoin, quand ils en ont besoin.

Pourquoi plus de gens ne choisissent-ils pas des carburants de remplacement? 

Plusieurs facteurs influent sur la vitesse à laquelle ces produits de substitution pourraient remplacer les carburants pétroliers. La préférence des consommateurs est l’un de ces facteurs mais l’échelonnabilité et la substituabilité viennent également en tête de liste. L’échelonnabilité désigne la capacité de production et de distribution d’un carburant en quantités suffisantes pour satisfaire la demande. Le défi est immense. Un produit de remplacement devrait faire concurrence aux plus de 214 millions de litres de carburants pétroliers que les Canadiens consomment tous les jours. La substituabilité désigne le potentiel d’un carburant de satisfaire les attentes des consommateurs pour ce qui est du rendement, de la sécurité, de la commodité et de l’abordabilité, facteurs pour lesquels le pétrole a placé la barre très haute. Les carburants de transport doivent remplir leur rôle dans des véhicules divers, dans un large éventail de températures et de conditions climatiques et dans de nombreux types d’applications. Pour réussir à remplacer le pétrole, les produits de substitution doivent satisfaire toutes ces conditions et être appuyés par une infrastructure de distribution adéquate. Il a fallu plus d’un siècle pour édifier celle du pétrole, à un coût de milliards de dollars. Par exemple, la mise sur pied d’une nouvelle infrastructure nationale de recharge des véhicules électriques et le renforcement nécessaire du réseau de distribution de base pourraient demander moins d’un siècle mais ils prendront plusieurs décennies et coûteront des milliards. Qui va en assumer les frais?
 

Le moteur à combustion interne n’est-il pas une technologie désuète et peu performante? 

En raison de toute l’attention qu’ont reçue les carburants de remplacement, il est facile d’oublier qu’aucun carburant et aucune technologie de véhicule ne détiennent le monopole de l’innovation. Les innovations passées, actuelles et à venir des moteurs à combustion interne classiques continueront à assurer de remarquables progrès dans tous les aspects du rendement, en particulier pour ce qui est de l’économie de carburant et de la réduction des émissions. Certaines améliorations sont basées sur de nouveaux matériaux légers, des modifications de la taille et de la puissance des véhicules, ainsi que sur des percées dans la technologie des groupes propulseurs. La réalité est que les véhicules classiques alimentés par carburant pétrolier sont bien placés pour conserver la faveur du public à mesure que les industries du carburant et de l’automobile continuent à évoluer et à innover.

Combien de temps faudra-t-il pour que les produits de substitution s’emparent d’une part importante du marché? 

La palette de carburants de transport se diversifie. Nombre d’individus et d’organisations de talent s’affairent à trouver des solutions qui élargiront l’éventail de carburants disponibles et les technologies nécessaires à leur utilisation. De généreux incitatifs financiers payés par les contribuables et des interventions sur le marché ont rendu possible un certain progrès dans le domaine des hybrides, du biocarburant, du gaz naturel, ainsi que des véhicules électriques et à hydrogène. 

Les experts prévoient que les transports vont aller en se fragmentant progressivement. Au fil des décennies à venir, chaque solution technologique aura sa place, en fonction de l’endroit où vivent les Canadiens, de la manière dont ils conduisent et de la nature de leurs besoins en matière de transport. Un véhicule à batterie conviendra à ceux qui effectuent de courts déplacements réguliers. Les conducteurs qui font face à une circulation avec arrêts et départs fréquents seront bien desservis par des véhicules hybrides. Le diesel sera l’option de choix pour les longs trajets et le transport de marchandises.
 
Le développement et le déploiement de nouveaux carburants, de nouveaux véhicules et de l’infrastructure essentielle résultent toutefois d’un processus de changement qui s’étend sur plusieurs décennies. Les Canadiens ont besoin d’un carburant de transport fiable pour préserver leur mobilité aujourd’hui même. D’ici à ce que les technologies de remplacement soient parvenues à maturité, les carburants pétroliers et les véhicules perfectionnés qu’ils alimentent demeureront le principal choix pour le transport.

 

Q4. Pourquoi les stations-service connaissent-elles des pénuries d’essence à l’occasion?

Les membres de l’Association canadienne des carburants ont démontré un engagement sans faille envers la fiabilité des raffineries, l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement et la disponibilité du produit. Leurs antécédents à cet égard en sont une démonstration exemplaire. 

Des interruptions de l’approvisionnement des détaillants peuvent se produire mais elles sont la plupart du temps localisées et de courte durée. Les perturbations à grande échelle et à long terme sont rares et ne sont que peu souvent le résultat direct d’un manque de produit. Les causes les plus fréquentes en sont des conditions imprévues hors de notre contrôle, comme des tempêtes majeures ou des pannes d’alimentation électrique.
Les interruptions de l’approvisionnement en carburant peuvent empêcher la livraison du produit aux clients lorsque surviennent des problèmes logistiques imprévus au sein de la chaîne d’approvisionnement des transports. Conçue, construite et continuellement modernisée au fil de plus d’un siècle, la chaîne d’approvisionnement en carburant inclut des raffineries, des dépôts de distribution et un complexe réseau de pipelines, de chemins de fer, de navires et de camions. En général, plusieurs moyens de transport sont nécessaires pour acheminer l’essence et le diesel des raffineries aux dépôts de produits situés près des grands marchés. De là, les carburants sont transportés par camions aux stations-service.

Se produit-il des interruptions de service aux raffineries? 

Les interruptions de service aux raffineries sont peu fréquentes. Ces installations fonctionnent en continu pratiquement à pleine capacité, 24 heures sur 24. Elles ne sont jamais mises à l’arrêt sans une importante planification préliminaire. L’entretien périodique et les arrêts pour modernisation sont minutieusement gérés par l’augmentation préalable de l’inventaire de produit, ou encore par le biais d’accords d’échange avec d’autres raffineurs. De plus, les raffineurs gèrent soigneusement leur production pour l’adapter aux crêtes et creux de la demande tout au long de l’année, pour formuler les carburants différents nécessaires en été et en hiver et pour satisfaire les différents besoins résultant de la vaste étendue du territoire et des diverses conditions climatiques du Canada. 

Lorsque surviennent des circonstances ou événements imprévus, les raffineurs ont des plans d’urgence bien établis et éprouvés qui en minimisent l’incidence sur les consommateurs et veillent à ce que le carburant soit toujours disponible pour satisfaire les besoins des services d’urgence.
 

Q5. Que se passe-t-il avec le prix de l’essence?

Les consommateurs utilisent des critères divers lorsqu’ils doivent acheter un carburant de transport. Ils recherchent différentes catégories de carburant et peuvent avoir une préférence pour une marque par rapport à une autre. La qualité n’est jamais en question. La commodité est un critère, par exemple, le choix d’une station-service où il est plus facile de se rendre. L’éventail de services offerts est important pour les consommateurs qui veulent avoir accès à un lave-auto, un dépanneur, etc. Le principal facteur est toutefois le prix, ce qui explique pourquoi les conducteurs canadiens posent tant de questions à propos de ce qu’ils paient pour les carburants de transport.

Pourquoi le prix varie-t-il tellement? 

L’essence et le diesel vendus en gros et le pétrole brut sont des marchandises comme le café ou le blé. La valeur que les négociateurs attribuent à une marchandise varie en fonction des conditions du marché et de la dynamique sous-jacente de l’offre et de la demande. Pensez au prix des maisons. Bien que les habitations ne soient pas une marchandise, leur prix fluctue dans tout marché donné en fonction de l’offre et de la demande.

Pourquoi le prix de l’essence n’évolue-t-il pas en parallèle avec celui du pétrole brut? 

Le pétrole brut et les carburants de transport qui en sont dérivés (essence et diesel) sont des produits distincts. Leurs prix changent en fonction de variations de l’offre et de la demande qui sont souvent très différentes. Leur valeur marchande varie de manière indépendante et fluctue parfois dans des directions opposées. Récemment, l’offre mondiale de pétrole brut a dépassé la demande. La demande a récemment connu une augmentation en Amérique du Nord. Cette inversion de l’équilibre continental entre l’offre et la demande exerce une pression à la hausse sur le prix de l’essence. Ainsi, bien que le prix de l’essence soit en baisse, il pourrait ne pas avoir fléchi au même degré, ou en même temps, que celui du brut.

Pourquoi les carburants pétroliers coûtent-ils moins cher aux États-Unis? 

Le prix de gros du carburant inclut tous les coûts de production des raffineries, y compris le coût du brut. Le prix de gros renvoie au montant que verse le détaillant lorsqu’il achète le carburant au dépôt du distributeur, ou « rampe ». Le Canada fait partie intégrante du marché de gros des carburants de l’Amérique du Nord. En conséquence, les prix de gros des carburants canadiens et américains fluctuent en général à la hausse et à la baisse en parallèle. Les transactions relatives aux produits pétroliers vendus en gros s’effectuent toutefois en dollars américains, de sorte que la volatilité du prix au Canada s’explique en partie par le taux de change. Lorsque la valeur du dollar canadien est en déclin par rapport à celle du dollar américain, le prix de gros de l’essence en dollars canadiens s’élève. 

Les taxes constituent le facteur le plus important qui détermine la différence de prix entre le Canada et les États-Unis. En 2018, les taxes canadiennes s’élevaient en moyenne à 41 cents pour chaque litre de carburant pétrolier. Au même moment, aux États-Unis, la taxe moyenne était d’environ 19 cents le litre.
 

Pourquoi différents détaillants de ma communauté semblent-ils tous afficher le même prix et pourquoi l’essence est-elle plus chère dans ma communauté qu’ailleurs? 

Les prix de détail incluent le coût du carburant en gros, les frais de transport, les taxes fédérales, provinciales et (dans certains cas) municipales, ainsi qu’une marge pour couvrir les frais d’exploitation du point de vente au détail et assurer un profit aux exploitants. Le prix à la pompe à une station-service est influencé par la dynamique locale de l’offre et de la demande de sorte que, bien que le prix de détail à la pompe augmente ou baisse en général en fonction des variations du prix de gros, les stations-service individuelles cherchent constamment à atteindre l’équilibre entre la nécessité de demeurer concurrentielles et celle de préserver une marge de détail viable. La taille du marché et son éloignement des grands centres, le nombre de concurrents, le volume des ventes, les variations saisonnières de la demande et l’éventail de services offerts ne sont que quelques-uns des facteurs qui entrent en jeu. Dans un marché local hautement compétitif, les prix peuvent être très volatils du fait que les exploitants de points de vente au détail s’efforcent de demeurer concurrentiels par rapport aux autres exploitants situés à proximité. C’est un équilibre délicat. Fixer des prix trop bas signifie perdre de l’argent, alors que des prix trop élevés entraînent des pertes de ventes. 

Les grandes compagnies pétrolières ne déterminent-elles pas le prix à la pompe? 

Le marché de détail canadien est passablement diversifié. Une récente étude de MJ Ervin & Associates a identifié 69 différentes compagnies impliquées dans la mise en marché des carburants pétroliers vendus au détail et 96 marques d’essence distinctes. Selon des résultats qui contredisent l’image classique que le public se fait de l’industrie, les raffineurs-détaillants intégrés ne contrôlent les prix qu’à 14 pour cent des stations-service au Canada. Dans 86 pour cent des stations, dont beaucoup exercent leurs activités sous la bannière d’un grand groupe pétrolier, les prix sont contrôlés par les propriétaires ou par des compagnies qui ne sont pas impliquées dans le raffinage des produits pétroliers.