Peter Boag

Président-directeur général, Association canadienne des carburants

Février 2018

Preuves à l’appui pour la réduction des émissions

Fatih Birol, dirigeant de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), n’a pas mâché ses mots sur le sujet de l’efficacité de l’agenda d’électrification des transports dans la réduction des émissions de GES lors d’une récente conférence de Statoil en Norvège, où il a présenté les Perspectives énergétiques mondiales 2017 de l’AIE :

« Le passage de 2 millions à 300 millions de véhicules électriques réduira les émissions contribuant au changement climatique de moins de 1 pour cent. Alors, si vous pensez protéger le climat grâce aux voitures électriques, vous vous trompez complètement. Elles feront une modeste contribution mais elles ne sont pas la solution. »

Entre-temps, une publication de 2017 de l’AIE dans la série Policy Pathways Brief (Mémoire sur les orientations politiques), intitulée Improving Fuel Economy of Road Vehicles (Améliorer l’économie de carburant des véhicules routiers), confirme que des technologies immédiatement commercialisables pour les véhicules à essence et diesel classiques peuvent économiquement réduire de moitié la consommation spécifique de carburant des véhicules neufs, réduisant considérablement les émissions et assurant d’autres avantages importants, dont des coûts réduits et une meilleure qualité de l’air pour les consommateurs.

Une analyse réalisée par l’International Council on Clean Transportation (ICCT) confirme tout à fait cette évaluation de l’AIE. Le livre blanc de l’ICCT publié en 2017 et intitulé Efficiency Technology and Cost Assessment for U.S. 2025-2030 Light Duty Vehicles (Technologie d’efficacité énergétique et évaluation des coûts pour les véhicules légers aux États-Unis, 2025-2030) conclut que les technologies écoénergétiques émergentes repoussent les limites des véhicules à moteurs à combustion interne. L’ICCT a étudié le travail exhaustif effectué par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) pour ce qui est de l’analyse technique, de la modélisation de pointe et des rapports évalués par les pairs à l’appui associés avec les normes américaines de rendement énergétique 2025 (les mêmes normes de rendement adoptées par le Canada) et a estimé le potentiel technique et le coût d’améliorations continues du parc de véhicules neufs jusqu’en 2030.  
 
La conclusion de l’analyse est que l’amélioration continue de technologies telles que la désactivation des cylindres, les moteurs à cycle Atkinson à taux de compression élevé, la réduction du poids et une hybridation modérée permettra de générer des avantages au niveau de la réduction du CO2 supérieurs aux prévisions de plusieurs points de pourcentage, à un coût considérablement moindre. L’analyse de l’ICCT démontre clairement que l’innovation à l’égard des véhicules classiques est une composante importante pour l’avenir de l’agenda de « technologie propre ».
 
Selon l’ICCT, les effets de l’économie de carburant des nouveaux véhicules seront « profonds ». En 2030, les véhicules neufs pourraient consommer au minimum 40 % moins de carburant au kilomètre que les véhicules neufs de 2016. De plus, cette efficacité accrue peut être réalisée de manière efficiente, grâce à des économies de carburant 2 à 3 fois supérieures au coût de la technologie.  
 
Pour les Canadiens qui sont déchirés entre le désir de « faire une différence » et les possibles répercussions des réductions d’émissions sur le coût, l’abordabilité et le style de vie, ce sont de bonnes nouvelles. Ils peuvent être assurés que pour des années encore un véhicule neuf à l’essence ou au diesel économique en carburant est un choix responsable qui contribuera substantiellement à la réduction des émissions de GES dues aux transports et aidera le Canada à atteindre son objectif dans le cadre de l’Accord de Paris sans leur imposer des coûts personnels ou des changements de style de vie importants. 
 
Ils devraient en outre se méfier des agendas politiques coûteux et impraticables qui n’offrent que peu de résultats au niveau de véritables réductions des émissions et pourraient limiter leur capacité de déterminer leur choix du véhicule qui convient le mieux à leurs besoins et à leur situation et qui offre la valeur qu’ils recherchent.