Le canola peut propulser l’avenir économique et énergétique du Canada
L’industrie canadienne du canola est depuis longtemps un moteur de prospérité rurale et de commerce, contribuant chaque année à plus de 43 milliards de dollars à l’économie et soutenant plus de 200 000 emplois. Mais les récents développements, notamment la fermeture du marché chinois et la volatilité d’autres marchés clés, soulignent la nécessité de diversifier les débouchés du canola, tant en termes de marchés que d’usages. La bonne nouvelle, c’est que l’une des plus grandes opportunités de croissance se trouve ici même, au pays.
Les politiques canadiennes en matière de biocarburants stimulent la demande pour des alternatives à faibles émissions de carbone, comme le biodiesel, le diesel renouvelable, les carburants co-traités et le carburant d’aviation durable (SAF). L’huile de canola est une matière première éprouvée et de grande qualité pour ces quatre types de carburants, offrant aux agriculteurs canadiens un débouché fiable pour leur production tout en contribuant à la sécurité énergétique nationale.
Le potentiel de croissance est considérable. D’ici 2030, la demande canadienne en biocarburants devrait atteindre 10 milliards de litres par an, contre 6,5 milliards aujourd’hui. Pourtant, la production nationale est en retard, puisque plus de 60 % des biocarburants consommés au Canada sont importés. En 2024, la capacité canadienne de production de diesel biosourcé ne s’élevait qu’à 1,7 milliard de litres – bien en deçà des quatre milliards de litres par an nécessaires d’ici 2030.
Le potentiel du canola dépasse le biodiesel et le diesel renouvelable. Le SAF, chimiquement identique au carburant aviation conventionnel, peut également être produit à partir de canola et est déjà adopté par des compagnies aériennes au Canada et ailleurs dans le monde. Parallèlement, le co-traitement – qui permet d’intégrer des intrants renouvelables comme l’huile de canola dans les procédés existants des raffineries aux côtés des intrants pétroliers – pourrait générer jusqu’à deux milliards de litres supplémentaires d’essence, de diesel et de carburant aviation à plus faible intensité carbone chaque année, avec des modifications modestes des installations. Ensemble, ces occasions représentent des millions de tonnes de demande additionnelle en canola, de quoi compenser une grande partie des graines de canola actuellement exportées vers la Chine.
Mais les producteurs canadiens de biocarburants font face à des vents contraires sur le plan concurrentiel. Aux États-Unis, des incitatifs fédéraux comme le crédit d’impôt à la production 45Z donnent aux producteurs américains un avantage de coûts, leur permettant de vendre leurs biocarburants au Canada à des prix auxquels les producteurs canadiens ne peuvent rivaliser.
Pour rétablir l’équité et libérer le potentiel du Canada, il faut des politiques fédérales de soutien – y compris des incitatifs fiscaux à la production – qui donnent aux investisseurs la confiance nécessaire pour construire de nouvelles installations, moderniser les infrastructures existantes et assurer au canola une concurrence équitable avec les autres matières premières.
Face aux défis du commerce mondial, le Canada a l’occasion de créer de nouveaux marchés pour une culture essentielle, de renforcer les communautés rurales et d’accroître son indépendance énergétique. Avec les bonnes politiques, le canola peut propulser à la fois notre économie et un avenir énergétique plus propre.
