Le cotraitement

Qu’est-ce que le cotraitement?

Le cotraitement est une technique de raffinage innovante qui permet aux matières premières biogéniques, telles que l’huile de colza, les graisses animales, l’huile de cuisson usagée et la biomasse forestière, d’être traitées avec du pétrole brut dans les infrastructures de raffinerie existantes. Ce processus produit des carburants à faible intensité de carbone prêts à l’emploi, entièrement compatibles avec les moteurs, les systèmes de distribution de carburant et les infrastructures d’aujourd’hui.

Le cotraitement ne nécessite pas la construction de nouvelles usines de biocarburants autonomes. Il repose plutôt sur l’utilisation des équipements existants des raffineries, tels que les unités d’hydrotraitement et les craqueurs catalytiques à lit fluidisé (FCC), pour intégrer des matières premières renouvelables et réduire l’intensité carbone des carburants comme l’essence, le diesel et le carburant d’aviation.

Comment fonctionne le cotraitement?

Les matériaux biogéniques (comme l’huile de colza ou les graisses animales) sont mélangés avec des matières premières à base de pétrole dans des unités de raffinage. Le mélange de ces matériaux est ensuite traité par des opérations de raffinage conventionnelles, qui les transforment en carburants liquides renouvelables. Les carburants produits sont chimiquement identiques à leurs homologues à base de pétrole, mais émettent moins de carbone sur l’ensemble de leur cycle de vie.

Selon la configuration de la raffinerie et la matière première, le cotraitement peut produire :

  • du diesel renouvelable;
  • de l’essence renouvelable;
  • du carburant d’aviation renouvelable;
  • d’autres produits à faible intensité de carbone.

Les taux d’incorporation de matières biogéniques se situent actuellement autour de 5 %, avec un objectif à court terme de 10 %. À l’échelle mondiale, certaines installations de pointe atteignent déjà des taux de cotraitement supérieurs à 20 %.

Avantages du cotraitement

  • Évolutivité rapide – Utilise l’infrastructure existante, réduisant le temps et l’investissement en immobilisations nécessaires pour augmenter la production.
  • Coûts inférieurs – Nettement moins coûteux que la construction de nouvelles installations de biocarburants autonomes.
  • Compatibilité des carburants prêts à l’emploi – Les produits fonctionnent sans problème avec la flotte de véhicules actuelle et le système de distribution.
  • Sécurité énergétique – Réduit la dépendance aux carburants importés.
  • Impact économique – Crée des emplois, stimule l’investissement et renforce les secteurs agricole et forestier.
  • Optimisation des raffineries – Améliore l’utilisation et permet la production de carburants demandés.
  • Flexibilité dans l’utilisation des matières premières – Peut utiliser des huiles, des graisses et des biobruts futurs issus de la biomasse forestière (actuellement à l’étude).
  • Diversification de l’approvisionnement – Renforce la résilience du secteur canadien des carburants en permettant une production nationale.

En chiffres : Une occasion à saisir

Le Canada est déjà un chef de file en matière de cotraitement, avec trois raffineries produisant actuellement des carburants renouvelables, dont la raffinerie de Parkland située à Burnaby, qui a été la première raffinerie canadienne à pratiquer le cotraitement en 2017. D’autres raffineries canadiennes se préparent à mettre en œuvre le cotraitement sur leurs sites.

  • Depuis 2024, le Canada a consommé environ 6,5 milliards de litres de biocarburants par an.
  • Plus de 60 % des biocarburants consommés au Canada étaient importés, principalement des États-Unis.
  • D’ici 2030, la demande de biocarburants au Canada devrait atteindre 10 milliards de litres.
  • Avec des politiques adaptées, le cotraitement pourrait permettre de fournir entre 1,7 milliard et 2 milliards de litres de cette demande d’ici 2030, ce qui renforcerait de manière significative les chaînes de valeur nationales, stimulerait l’économie et améliorerait la sécurité énergétique du pays.

Selon des estimations tirées d’une étude récente commandée par l’ACC à GlobalData (disponible en anglais seulement), les projets de cotraitement pourraient :

  • générer environ 10 milliards de dollars de retombées économiques d’ici 2030;
  • créer ou maintenir environ 15 000 emplois à travers le Canada;
  • renforcer les communautés rurales en ouvrant de nouveaux marchés pour le colza et d’autres matières premières agricoles;
  • renforcer les secteurs agricole et forestier en diversifiant leurs marchés pour inclure l’énergie provenant de leurs résidus et des huiles de graines;
  • réduire les émissions de GES sur l’ensemble du cycle de vie des carburants et aider le Canada à respecter son Règlement sur les combustibles propres (RCP) et ses objectifs climatiques.

Avantage concurrentiel pour le Canada

Le cotraitement constitue l’une des manières les plus pratiques, rapides et rentables d’augmenter la production de carburants à faible intensité de carbone. Grâce à une adoption précoce, à ses capacités éprouvées et à son accès à une biomasse abondante, le Canada détient un avantage concurrentiel. Dans un contexte politique favorable, il pourrait devenir un chef de file mondial en matière de cotraitement.

Pour de plus amples renseignements sur les opérations de cotraitement canadiennes :