Prix de l’essence

Aperçu

Que se passe-t-il avec le prix de l’essence? C’est une question toujours sensible, mais, contrairement aux idées reçues, l’essence est l’un des produits de consommation dont le prix est parmi les plus concurrentiels et transparents.

Comment est fixé le prix à la pompe? Il dépend de quatre facteurs :

1

Prix du pétrole brut

2

Prix de gros

3

Marge de détail

4

Taxes

Prix des carburants au Canada : foire aux questions

Les marchés pétroliers sont des marchés mondiaux. Le pétrole brut et les produits raffinés sont en effet échangés à l’échelle internationale. Par conséquent, il n’existe pas vraiment de prix des carburants entièrement « déterminés au Canada ». Les prix canadiens évoluent généralement en fonction des conditions des marchés mondiaux.

Vous trouverez ci-dessous les réponses aux questions fréquemment posées sur les facteurs influençant les prix des carburants au Canada.

Les marchés de l’énergie réagissent rapidement parce que ce sont des marchés mondiaux faisant l’objet de négociations en temps réel. Le pétrole et les carburants raffinés sont continuellement achetés et vendus sur les marchés internationaux et figurent parmi les marchandises les plus importantes au monde en ce qui concerne leur impact économique et leur valeur marchande totale. C’est pourquoi les marchés pétroliers sont surveillés et font l’objet de négociations 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans les principaux centres de négociation mondiaux. Lorsque des événements géopolitiques majeurs, des perturbations en matière d’approvisionnement ou des bouleversements économiques surviennent, les négociants et les acheteurs adaptent immédiatement leurs attentes. Ces changements entraînent rapidement une évolution des prix mondiaux, qui influencent à leur tour les prix des carburants au Canada. Comme le rappellent souvent les économistes, les prix sont toujours déterminés par l’équilibre entre l’offre et la demande. 

Les prix des carburants au détail reflètent généralement les coûts actuels de remplacement sur le marché. On pense souvent à tort que le carburant dans les réservoirs d’une station-service a été acheté des semaines auparavant et devrait donc être vendu aux anciens prix. En pratique, cependant, les prix de détail sont généralement basés sur le coût actuel de remplacement de ces carburants, qui évolue avec les prix quotidiens du marché de gros.

Par conséquent, les prix des carburants peuvent fluctuer rapidement à la hausse comme à la baisse. Les variations des prix du pétrole brut, les opérations de raffinage, les niveaux d’approvisionnement régionaux et de la demande des consommateurs peuvent tous influencer quotidiennement les marchés de gros, ce qui fait varier les prix au détail en conséquence.

Les événements mondiaux peuvent avoir une grande influence sur les prix des carburants au Canada, car les marchés pétroliers sont fortement interconnectés. Même lorsque des conflits ou des perturbations de l’approvisionnement surviennent loin du Canada, ils peuvent rapidement influencer les prix mondiaux du pétrole brut et les marchés du carburant à l’échelle mondiale.

Par exemple, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient modifient souvent les prévisions du marché concernant l’offre future de pétrole. Bien que la majeure partie du pétrole brut du Moyen-Orient soit exportée vers l’Asie, les préoccupations entourant d’éventuelles perturbations peuvent tout de même faire grimper les prix mondiaux du pétrole, ce qui peut ensuite influencer les prix des carburants au Canada.

D’autres facteurs mondiaux, comme les catastrophes naturelles, les arrêts de raffineries, les sanctions, les perturbations du transport maritime et le contexte économique global, peuvent également influencer l’équilibre entre l’offre et la demande, entraînant des variations de prix à la pompe.

Les principaux éléments qui déterminent le prix global affiché à la pompe comprennent : les coûts du pétrole brut, la marge de raffinage, la marge du détaillant, les taxes et les frais environnementaux.

Plusieurs facteurs importants expliquent les écarts de prix des carburants entre les villes et les provinces, notamment les taxes, la concurrence locale, les capacités de stockage et de vente, les coûts de transport et les frais d’exploitation des stations-service.

L’une des principales différences provient des taxes, puisque les régimes fiscaux varient considérablement d’une province à l’autre. Les prix des carburants incluent des taxes fixes et des taxes de vente. Les taxes fixes sont appliquées à un taux fixe (centimes par litre), comme la taxe fédérale d’accise sur le carburant, tandis que les taxes de vente générales sont calculées en pourcentage et varient en fonction du prix du carburant ainsi que de la province ou de la municipalité où il est vendu. En conséquence, les consommateurs peuvent constater des écarts importants dans les prix à la pompe selon la région.

La concurrence locale influence aussi les prix, en particulier entre des stations-service voisines. Si une station baisse ses prix pour attirer des clients, les concurrents à proximité ajustent souvent leurs prix à la baisse eux aussi. Cela peut continuer jusqu’à ce que les marges bénéficiaires deviennent trop faibles, après quoi les prix peuvent recommencer à augmenter.

L’efficacité opérationnelle des stations-service peut également influencer les prix. Les stations-service qui tirent aussi des revenus grâce à des services comme les lavages de voitures, les dépanneurs ou les restaurants rapides peuvent moins dépendre uniquement des ventes de carburant, ce qui peut contribuer à réduire la pression sur les prix de l’essence. Les coûts de transport jouent également un rôle : les stations-service éloignées des terminaux de carburant ou des fournisseurs ont généralement des coûts de livraison plus élevés, ce qui peut se refléter sur le prix affiché à la pompe.


Les taxes sur les carburants et les redevances environnementales peuvent représenter plus de la moitié du prix à la pompe. Selon la province et la région, jusqu’à cinq taxes et redevances différentes peuvent s’appliquer à la pompe. On entend notamment ici les taxes fédérales (TPS) et provinciales (TVP), les taxes provinciales sur le carburant, les redevances environnementales et les frais de transit municipaux. L’Association canadienne des carburants demeure neutre sur la question de la fiscalité, mais prône une transparence totale concernant le prix à la pompe et estime que les consommateurs devraient être informés de la part réelle que représentent toutes les formes de taxes dans le prix qu’ils paient pour leur carburant. Dans l’ensemble, les taxes découlent d’une décision gouvernementale et sociétale; le secteur se contente de les prélever et de les verser aux entités compétentes. 


Dans les quatre provinces de l’Atlantique, les prix sont réglementés et ajustés par une commission de services publics, alors que toutes les autres provinces canadiennes fonctionnent dans un marché libre. Étant donné que les prix réglementés sont généralement ajustés une fois par semaine, ils atténuent les fluctuations quotidiennes; cependant, les interventions gouvernementales et les mécanismes utilisés pour suivre les fluctuations mondiales et régionales créent également des inefficacités, car les autorités tentent d’imiter la dynamique du marché.  À long terme, ces inefficacités se traduisent généralement par des prix moyens plus élevés pour les consommateurs. Cela crée donc un compromis : moins de volatilité en échange d’un prix moyen du carburant plus élevé. Cela explique pourquoi la réglementation des prix n’est pas appliquée ailleurs au Canada ni dans aucun autre pays de l’hémisphère occidental.

Comme les taxes sur les carburants représentent une part importante des prix à la pompe, leur réduction, leur suppression ou leur suspension peut entraîner une baisse des prix.
Deux exemples récents de réductions notables démontrent clairement que ces réductions ont bénéficié aux consommateurs. Des données publiques (notamment celles de Kalibrate) ont confirmé que la décision du premier ministre du Canada de supprimer la taxe sur le carbone de 18 centimes par litre (mars 2025) et la taxe d’accise de 10 centimes par litre (avril 2026) s’est traduite par des réductions équivalentes à la pompe.

Les prévisions à court terme des prix du carburant sont souvent imprécises, car les prix de l’essence dépendent de nombreux facteurs en constante évolution, notamment les marchés mondiaux du pétrole brut, les opérations de raffinage, la demande saisonnière, les événements météorologiques et le contexte géopolitique. Ainsi, les prévisions des prix à la pompe établies plusieurs semaines ou mois à l’avance sont rarement précises.

Il existe toutefois une tendance saisonnière prévisible : les prix des carburants augmentent généralement vers la mi-avril, puis diminuent autour de la mi-septembre. Cela est lié à la transition entre les mélanges d’essence d’hiver et d’été.

À la mi-avril, les fournisseurs de carburant doivent utiliser des mélanges estivaux, formulés pour réduire l’évaporation et le smog pendant les périodes plus chaudes. Les mélanges hivernaux contiennent plus de butane, un composant moins coûteux qui aide les véhicules à démarrer par temps froid. Comme le butane s’évapore plus facilement et contribue davantage à la pollution atmosphérique lorsqu’il fait chaud, il est réduit ou retiré des mélanges estivaux. La production de carburant d’été est plus coûteuse, ce qui peut entraîner une hausse des prix à la pompe.

À la mi-septembre, les fournisseurs passent aux mélanges d’hiver, moins coûteux à produire. Cette transition saisonnière contribue souvent à la baisse des prix à l’approche des mois d’automne et d’hiver.

Non, ce n’est pas vrai. Cette question a fait l’objet de plusieurs analyses au fil des ans, notamment par le Conference Board du Canada. Leur conclusion était claire : avant les longues fins de semaine, les prix peuvent baisser, augmenter ou rester inchangés, sans corrélation directe observable. Bien que la demande de carburant peut être plus élevée avant une longue fin de semaine en raison de l’augmentation des déplacements, les prix du carburant doivent rester compétitifs sur le marché local. Dans de nombreux cas, on observe peu ou pas de différence notable entre les prix des carburants d’une fin de semaine ordinaire et ceux d’une fin de semaine prolongée.

Les augmentations de prix qui surviennent pendant les longues fins de semaine d’été sont souvent davantage attribuables à des facteurs saisonniers généraux, tels qu’une demande globale plus élevée et le coût des mélanges estivaux, plutôt qu’à la longue fin de semaine elle-même.

Le principe de réserves stratégiques dans les pays de l’OCDE reposait sur la nécessité de protéger les pays vulnérables ou dépendants des importations énergétiques. Ce n’est clairement pas la situation du Canada.

Le Canada est un pays exportateur, disposant d’importantes réserves et capacités de production nationale, et il fait partie d’un marché nord-américain intégré. Contrairement à certains pays, le Canada possède une importante capacité de production et de raffinage de pétrole et est étroitement intégré aux États-Unis par des pipelines, des raffineries et des réseaux de distribution de carburant. Cette intégration offre au Canada un accès à un vaste système d’approvisionnement fiable à travers l’Amérique du Nord. Les réserves stratégiques de pétrole sont généralement utilisées par les pays qui dépendent fortement des importations et disposent d’une offre nationale limitée. Dans le cas du Canada, l’accès au marché, la production nationale et l’infrastructure intégrée ont déjà joué un rôle similaire dans le maintien de la sécurité de l’approvisionnement. De plus, établir et maintenir une réserve stratégique de pétrole s’avère coûteux. En fin de compte, les coûts de construction, d’entretien et de gestion d’une telle réserve seraient supportés par l’économie et les consommateurs canadiens.

Le prix du pétrole brut fluctue en fonction de l’offre et de la demande.

Le pétrole brut est un produit de base qui fait l’objet d’échanges sur les marchés internationaux. En tout temps, le prix du marché du pétrole brut est fonction de l’évaluation des conditions de l’offre et de la demande, actuelles et futures, effectuée par les négociants en matières premières. Ces évaluations prennent en considération une variété de scénarios qui peuvent affecter l’offre et la demande, tels que les conditions économiques, les catastrophes naturelles et les événements géopolitiques ou militaires, en particulier dans les principales régions productrices de pétrole.

Taxes selon la juridiction

Au Canada, les taxes sont plus que deux fois plus élevées que celles de nos voisins américains. Une fois les taxes exclues, des données historiques sur les prix démontrent que le prix de l’essence est pratiquement le même au Canada qu’aux États-Unis. Au Canada, les taxes sur l’essence varient non seulement d’une province à l’autre, mais aussi d’une région à l’autre. Si l’on exclut les taxes, les prix de l’essence sont similaires à l’échelle du Canada.

Comparaison des prix au Canada et aux États-Unis

Les taxes moins élevées sont la principale raison pour laquelle l’essence coûte moins cher aux États-Unis qu’au Canada. Lorsqu’on exclut les taxes, le prix moyen du litre d’essence au Canada est semblable aux prix en vigueur aux États-Unis.

Comparaisons internationales

Les données historiques démontrent que les Canadiens paient leur essence moins cher que les automobilistes de la plupart des autres pays. Le tableau suivant compare les prix de l’essence de huit pays et montre l’effet des taxes sur les prix à la pompe.

Marchés réglementés

Certaines provinces réglementent le prix de l’essence pour empêcher la vente à perte, protéger les marges des détaillants et assurer la stabilité du prix de détail.

C’est ce que l’on appelle un marché réglementé. Les provinces de l’Île-du-Prince-Édouard, de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et du Québec ont toutes leur propre réglementation sur le prix de l’essence.

Toutefois, de nombreuses études et analyses ont montré qu’un marché ouvert non réglementé est le meilleur moyen d’assurer des prix compétitifs. La stabilité des prix réglementés s’obtient généralement aux dépens du prix à la pompe.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les marchés réglementés dans votre province :