De la science à la sécurité : l’influence durable de Geoff Granville sur la gestion des risques chimiques
Pendant près de cinquante ans, Geoff Granville a contribué à façonner l’approche du Canada en matière de santé environnementale et de santé au travail, non pas en attirant l’attention des médias et du public, mais en se fondant sur la science, la collaboration et un leadership résolu en coulisses.
Cette année, l’Association canadienne des carburants reconnaît cette influence en lui décernant le Prix d’excellence pour l’ensemble des réalisations.
Toxicologue de formation, Geoff a débuté sa carrière chez Shell au Royaume-Uni en 1972 avant de rejoindre Shell Canada en 1981. Au cours des décennies qui ont suivi, il est devenu un porte-parole de confiance sur certaines des questions environnementales, de santé et de sécurité les plus complexes du secteur et s’est forgé une réputation grâce à son expertise et sa capacité à traduire une science de pointe en politiques pratiques et décisions de sécurité.
Après avoir pris sa retraite de Shell en 2006, Geoff est resté profondément impliqué dans l’industrie, notamment en apportant son soutien à l’ACC et à ses membres en tant que consultant pendant 12 ans. Par l’intermédiaire du comité environnemental national et du groupe de travail sur la santé et la sécurité au travail de l’association, il apporte son expertise sur des questions telles que le benzène, la qualité de l’air ainsi que le plan de gestion des produits chimiques, tout en contribuant à renforcer la coordination entre les organisations industrielles telles que l’Association canadienne de l’industrie de la chimie (ACIC) et le groupe de coordination de l’industrie de la LCPE; ainsi qu’au-delà des frontières internationales en maintenant des liens avec l’API et la CONCAWE.
Pour Geoff, cependant, le travail n’a jamais été simplement une question d’expertise technique. C’était une affaire de confiance.
« Être honnête et ouvert, partager ses préoccupations et simplement être un être humain sont la meilleure façon de s’y prendre », résume-t-il en repensant à la carrière qu’il a passée à mener à bien des échanges entre le secteur, le gouvernement et les intervenants environnementaux.
Cette vision des choses lui a valu une crédibilité certaine auprès d’un large éventail de groupes, notamment des personnes parfois en désaccord avec les positions de l’industrie.

Au cours de sa carrière, Geoff a contribué à d’importantes initiatives réglementaires, notamment la création et la mise en œuvre du SIMDUT ainsi que de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE), contribuant ainsi à concevoir des systèmes largement considérés à l’époque comme parmi les plus robustes au monde.
« Je crois que l’industrie devrait être davantage impliquée en amont des décisions gouvernementales », indique-t-il. « C’est à elle d’informer, de communiquer, de comprendre. »
Pour Geoff, c’est à la collaboration, plutôt qu’à la confrontation, que revient le mérite d’aboutir à de meilleurs résultats, en particulier sur des questions environnementales et de santé publique complexes où la confiance est cruciale.
« Nous faisons partie d’un processus collaboratif et, en conséquence, nous prenons de meilleures décisions que si nous agissions dans notre coin », explique-t-il.
Un programme d’échange entre le secteur et le gouvernement dans les années 1990 lui a permis d’acquérir une expérience directe au sein de Santé Canada et d’élargir ainsi sa vision du paysage réglementaire et des possibilités de collaboration entre l’industrie et le gouvernement. À son retour dans l’industrie, il a défendu une prise en considération plus large des attentes de la population et des priorités politiques parallèlement aux réalités commerciales.
« Parfois, ce qui est bon pour l’industrie n’est pas forcément ce qui est le mieux pour le pays », explique-t-il. « Vous devez comprendre que c’est plus que ce qui est bon pour l’industrie. Notre capacité à influencer les gouvernements et à créer les meilleurs règlements et politiques possibles dépend de notre prise de conscience de cette réalité. »
Outre ce qu’il a déjà apporté au secteur, Geoff continue de guider les futurs scientifiques et professionnels de la santé en tant que professeur adjoint de toxicologie à l’Université de l’Alberta.

Cet esprit pragmatique et collaboratif est l’une des raisons pour lesquelles il demeure si respecté dans le secteur aujourd’hui.
« Geoff a contribué de façon considérable à la défense des intérêts de l’ACC sur certains des défis les plus complexes de notre secteur », souligne Rob Hoffman, directeur de l’ACC, Relations avec les gouvernements et avec les intervenants – Ouest du Canada. « Son véritable talent, c’est de traduire des informations hautement techniques en conseils politiques clairs, en employant une approche stimulante et collaborative qui lui a valu le respect de ses pairs dans les milieux industriels et gouvernementaux au Canada, aux États-Unis et en Europe. »
Lauréat du Prix d’excellence pour l’ensemble des réalisations de l’ACC, son influence se ressent encore dans de nombreux systèmes, normes et discussions qui continuent de façonner la politique en matière de santé environnementale et au travail au Canada aujourd’hui.
