Le développement national des SAF est également essentiel à la sécurité énergétique et à la prospérité économique
Geoff Tauvette a été l’un des premiers à remarquer cette lacune. Après avoir travaillé pendant des décennies dans le domaine des carburants d’aviation et la durabilité, il s’est rendu compte que personne ne pilotait l’approche du Canada en matière de carburants d’aviation durables (SAF). En 2022, il a contribué à la création du Conseil canadien des carburants d’aviation durables (C-SAF) pour combler ce vide – non pas en tant qu’association industrielle classique, mais en tant que coalition stratégique intersectorielle visant à accélérer le développement des carburants d’aviation durables à l’échelle du pays.
Ce leadership et cette vision ont été récompensés cette année par le Prix de la collaboration et du partenariat 2025 de l’Association canadienne des carburants (ACC), qui rend hommage au modèle du C-SAF et au travail de Geoff pour aligner l’industrie, les fournisseurs et les décideurs politiques, afin de bâtir un écosystème canadien compétitif en matière de SAF.
« On ne peut pas développer une industrie SAF en vase clos », affirme Geoff. « Nous avons créé le C-SAF pour réunir l’ensemble de la chaîne de valeur – compagnies aériennes, raffineries, producteurs de matières premières, aéroports, gouvernements. Tout le monde doit être autour de la table. »

Cet alignement stratégique a déjà permis de réaliser des progrès concrets.
La feuille de route nationale du C-SAF en matière de SAF a fixé un objectif ambitieux mais réalisable d’un milliard de litres produits au Canada d’ici 2030. La collaboration continue du Conseil avec l’ACC, notamment dans le cadre d’actions de plaidoyer conjointes et d’études de faisabilité régionales, a permis de présenter un front uni face au gouvernement, à l’industrie et aux investisseurs.
« L’ACC a apporté son expertise en matière de carburants, et nous avons partagé notre expertise dans le domaine de l’aviation », déclare Geoff. « Ensemble, nous avons montré pourquoi cette industrie est cruciale, non seulement pour les émissions, mais aussi pour le potentiel économique et la sécurité énergétique. »
Toutefois, la voie à suivre exigera une vision à long terme et un cadre politique adéquat.
« Il ne s’agit pas simplement d’opérer une transition énergétique, mais de bâtir une industrie aéronautique pérenne, fondée sur l’innovation, les matières premières et le talent canadiens », soutient Geoff.

Il considère le SAF non seulement comme une solution climatique, mais aussi comme une « occasion économique nationale » susceptible de dynamiser les communautés rurales, de renforcer la sécurité énergétique à l’échelle du pays et de positionner le Canada comme un leader mondial.
« Nous avons les ingrédients. Nous pouvons être compétitifs à l’échelle mondiale. Mais nous devons agir avec détermination, et nous avons besoin de politiques qui soutiennent cette vision », dit-il.
Pour le C-SAF, le prix 2025 de l’ACC est plus qu’un jalon : c’est le signe que les partenariats stratégiques intersectoriels ne sont pas seulement efficaces, mais essentiels à l’avenir du Canada en matière d’énergie propre.
« Si nous faisons les choses comme il faut, assure Geoff, le Canada ne fera pas qu’accompagner la transition vers les SAF. Il en sera l’un des chefs de file. »
