Le premier SAF fabriqué au Canada : une nouvelle ère pour les carburants propres

En décembre 2024, la raffinerie de Parkland située à Burnaby a marqué l’histoire du secteur énergétique du pays grâce au premier carburant d’aviation durable (SAF), une solution de rechange plus propre et prête à l’emploi au carburant d’aviation conventionnel, produit sur le sol canadien. Cette réussite a valu à Parkland une nomination pour le Prix de l’innovation 2025 de l’Association canadienne des carburants, reconnaissant l’ingéniosité et le leadership derrière cette réalisation inédite. 

Plus qu’une avancée technique, ce projet pilote marque une étape cruciale dans la décarbonisation de l’aviation, l’un des secteurs les plus difficiles à rendre plus vert.

« À court et moyen terme, le SAF représente la seule option réaliste pour réduire les émissions du secteur du transport aérien », déclare Robert Pinchuk, directeur chez Parkland Corporation. « Pour que le Canada se dote d’un plan crédible vers la carboneutralité, il est essentiel de produire ce carburant à domicile. »

Le SAF de Parkland a été produit par cotraitement, une technique qui permet de mélanger des matières premières renouvelables, comme de l’huile de canola, avec du pétrole brut en utilisant l’infrastructure de raffinerie existante. Bien que la raffinerie de Burnaby produit depuis longtemps du diesel et de l’essence à faible intensité de carbone par cotraitement, adapter cette méthode au SAF a présenté de nouveaux défis.

Contrairement à d’autres carburants, la réglementation relative au SAF ne vise pas que ses performances, mais également la manière dont il est fabriqué.

« Même s’il respecte toutes les normes de qualité, le SAF ne peut pas être vendu si la méthode de production n’est pas approuvée », explique Robert. « Le cotraitement n’est pas encore pleinement reconnu selon les normes mondiales de l’American Society for Testing and Materials, il est donc difficile de développer cette méthode. »

Malgré ces obstacles, Parkland a réussi à livrer un lot commercial de SAF à Air Canada, en utilisant les pipelines existants pour le transporter directement à l’aéroport international de Vancouver. Cette intégration harmonieuse met en évidence un avantage majeur du cotraitement : il ne nécessite aucune nouvelle infrastructure.

Le projet pilote a également été soutenu par le Programme d’entente sur les initiatives de la Colombie-Britannique, régi par la norme sur les carburants à faible intensité de carbone de la province. Contrairement à la plupart des programmes de financement canadiens, qui ne visent que la recherche et le développement, l’approche de la Colombie-Britannique soutient un déploiement à grande échelle. « C’était un facteur décisif », explique Robert. « Nous avons besoin de plus de programmes similaires si le Canada veut rivaliser sur la scène internationale. »

Alors que la demande de SAF augmente dans le monde entier, Robert estime que le Canada dispose des matières premières, des capacités techniques et de l’infrastructure nécessaires pour construire un secteur autonome des SAF. Le succès du pays reposera tout de même sur une réglementation claire et un soutien politique national.

« Il n’y a pas qu’un seul moyen pour atteindre la carboneutralité », souligne Robert. « Nous avons besoin de toutes les solutions disponibles, et le SAF en est une. Ce projet pilote prouve que le Canada a ce qu’il faut pour ouvrir la voie. »

Avec le cotraitement au cœur de ses opérations à faible intensité de carbone, la nomination de Parkland pour le Prix de l’innovation 2025 souligne à la fois une réalisation historique et une vision audacieuse pour l’avenir des carburants propres au Canada.

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